16/12/2006

Laurence sans logment

Comme j’ai commencé un reportage sur Cheratte (voir mon nouveau thème), à la demande de Jacques Chevalier hatitant de Cheratte, je suis passée dans sa rue pour faire des photos pour les média(s) en vue d'aider Laurence.
Laurence et ses deux enfants sont sans logement depuis que leur maison a brûlé en septembre dernier.
Depuis dimanche elle est hébergée chez Jacques et Myriam faute d'une solution stable.
La rtbf est venue mais avec la mort de Pinochet, cela n'est pas encore passé sur antenne ... Cela passera peut-être un jour mais quand ? Hier la télévision locale RTC Liège a fait un petit reportage mais les choses n’évoluent pas vite.
Quelques marques de soutien (jouets, cartes postales, ...) seraient déjà les bienvenus.
Depuis dimanche 10 décembre, Laurence et son fils de 2,5 ans, Gabriel, dorment chez Jacques et Myram au 198 de la rue de Visé à Cheratte. Dimanche, il y avait 86 jours que Laurence logeait chez des amis et connaissances, elle a été hébergée par des sans-papiers, la solidarité des plus faibles.
Chez Myriam et Jacques ce n'est pas très grand, Laurence dort dans la chambre de sa fille, elle n'a que deux sachets de vêtements, transit permanent obligé.
Vu la mort de Pinochet, l'info TV réalisée dimanche n'est pas passée au JT de la Rtbf.
Voici la réponse de Marcel Neven, Bourgmestre de Visé : "Oui à un logement social dès qu'un se libère, mais il faut compter encore deux mois et demi à trois mois pour le remettre en état", cela veut dire encore 75 jours dans le meilleur des cas ! Donc plus de 160 jours pour reloger dignement une femme et ses gosses !
Laurence logera le temps qu'il faudra chez mes copains.
Nous appelons à la solidarité, pas d'argent ! Seulement des gestes concrets, des messages, des jouets et peluches.
Rejoignez le comité de voisins, même si vous n'habitez pas Cheratte, la terre est si petite quand on y pense...
 

Une suite :

 

16 septembre 2006, vers midi, rue de Visé à Cheratte à 50 mètres du passage à niveau, un incendie se déclare, très rapidement une habitation est la proie des flammes. Malgré leur rapide intervention et de très gros moyens déployés les pompiers ne peuvent empêcher la mort par asphyxie d’un nourrisson. L’incendie est si important qu’il menace la maison voisine, les flammes détruisent d’ailleurs une partie du rez-de-chaussée et « mordent » sur la cloison séparant les premiers niveaux, la fumée inonde et noircit tout le logement qui sera déclaré inhabitable.

Les occupants de la maison où s’est déclaré l’incendie trouvent rapidement une solution quant à leur ré-hébergement, ce n’est pas le cas de Laurence et de son fils de 2 ans et demi dans la maison voisine. Tout le monde se disait l’après-midi même que la Ville de Visé avait pris les choses en main. Le Bourgmestre était descendu sur les lieux, s’était entretenu avec les personnes sinistrées. On parlait des logements d’urgence de la commune, d’une possible location d’un appartement dans les environs.

En tant que voisins nous nous sommes inquiétés du devenir des familles et nous sommes allé demander ce qui était envisagé par les autorités auprès d’un agent de police gardant les lieux. Le ton agressif de sa réponse nous a fait comprendre qu’il y avait certainement un problème.

Dès le lundi Laurence recevait du CPAS de Visé un certificat la désignant comme prioritaire pour l’obtention d’un logement et le CPAS de diriger celle-ci vers la Société de logements sociaux « La Visétoise » dont la réponse fut négative et continua de l’être encore durant plusieurs semaines pour en arriver tout récemment à cette réponse : « dès qu’un logement sera libre on vous fera signe », selon les dires d’autres habitants de Cheratte, depuis le 18 septembre quelques logements se sont libérés mais ont été attribués à d’autres personnes (on sait que la liste d’attente est très longue).

En tant que Conseiller au CPAS de Visé, membre du groupe PS, j’ai interpellé mes camarades socialistes sur le cas de Laurence et un débat a pu finalement avoir lieu en séance de Conseil à la Ville (le dernier de l’ancienne législature), ce débat s’est malheureusement fait à huis clos et de ce que nous en savons la volonté était de dire « dès qu’un logement sera disponible… »

Pour Laurence et son gamin, sa fille aussi qu’elle a en garde alternée, le problème reste pendant. En fait elle est hébergée depuis la catastrophe par une amie qui n’est pas elle-même dans une situation confortable et dispose d’un petit logement pas adapté pour recevoir 2, voire trois personnes.

C’est ainsi que ce lundi 4 décembre, soit 79 jours après l’incendie, nous avons proposé à Laurence d’assister à la séance du Conseil Communal. Et elle est venue avec nous avec son petit garçon très impressionné par la solennité du lieu et le nombre important de personnes présentes.

C’était l’occasion de prendre des nouvelles auprès des décideurs comme de réaffirmer l’urgence d’une prise en compte de cette habitante de Cheratte et, visiblement, notre visite n’a guère ravi le tout frais Bourgmestre de Visé qui se refuse à parler avec des « intermédiaires ». Ce point n’étant pas à l’ordre du jour, même à huis clos, la discussion prit donc un aspect non formel lors du verre suivant le conseil.

En fait, on se demande bien pourquoi il est si difficile pour une Ville importante comme Visé de reloger des personnes suite à un sinistre d’autant plus quand ces personnes sont déjà précarisées dans leur vie sociale. Les logements dits d’urgence existent bel et bien mais ils sont occupés depuis très longtemps et l’arsenal légal n’a pas prévu de réglementation efficace pour que ces logements se libèrent et soient à nouveau disponibles en cas d’urgence.

Au niveau du marché immobilier « public », c’est la compétence de la Régionale Visétoise, largement contrôlée par les autorités communales. Comme l’a dit le Bourgmestre à Laurence, il faut trouver un logement de trois chambres (une pour la mère, une pour le garçonnet, une pour la fille qui vient tous les 15 jours selon le système de la garde alternée), c’est une très bonne idée mais largement idéaliste, voire utopiste, on sait que ce genre de logements ne se libèrent que très rarement.

Laurence se satisferait même d’un studio à « l’hôtel du curé » dans la cité de Cheratte. Et puis on apprend qu’il y a des logements possibles dans cette même cité mais ils sont en cours de « rénovation » et personne ne sait dire quand un seul serait disponible, peut-être faut-il attendre que tous soient « rénovés » pour qu’on reloge Laurence et ses enfants.

Bah, si rien n’a changé d’ici là, si Laurence et les siens n’ont pas encore un logement leur permettant de vivre conformément à la dignité humaine, avec son accord, nous reviendrons avec elle au Conseil Communal. Et si un miracle en ces temps de Noël se produit… sans elle sans doute, nous serons présents à ce conseil (et aux autres) vu notre intérêt pour la chose politique.

 

Source Jacques CHEVALIER et Myriam PIRON

22:52 Écrit par David Kever dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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